jeudi 8 mars 2012

Littérature nordique, une révélation: Rosa Candida


Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'un livre qui m'habite encore, plus d'un an après avoir tourné la dernière page, c'est pour dire! Il s'agit de Rosa Candida de Audur Ava Ólafsdóttir, une auteur islandaise découverte par les Éditions Zulma. J'en avais fait la critique à chaud sur Myboox, et un an après, à sa sortie en format poche, mes impressions sont toujours les mêmes. Ce roman est magique, à plusieurs titres: de par son histoire, sa langue et sa poésie, son personnage masculin si touchant et sa fragilité retenue. Ce livre me touche d'autant plus aujourd'hui que je sais ce que c'est de recevoir le sourire de son propre enfant... Ci-dessous, mon ancienne critique, toujours d'actualité ;)

Il est des livres qui entraînent vers de lointains horizons, et proposent en même temps un périple sur soi. Il est des livres bonheur qui se cachent sous un fin papier opaque et se révèlent des bonbons au chocolat au cœur de menthe fraîche. Il est enfin des livres chevet qui ne nous quittent pas. Rosa Candida, c'est un peu tout cela.

Arnljótur vient de perdre sa mère dans un accident de voiture. C'est lui qu'elle a appelé quand elle attendait les secours. C'est à lui qu'elle a transmis sa passion du jardin et des rosa candida, roses rares à huit pétales. C'est dans la serre-refuge qu'il trouve réconfort et protection. C'est dans ce lieu parfait et reposant qu'un soir il aura aimé Anna, le temps d'une nuit, le temps de laisser innocemment un bourgeon grandir en elle. Neuf mois plus tard naît la belle et délicate Flóra Sól.

Le roman commence par la fuite d'Arnljótur, loin de son île trop calme, de son père octogénaire, son frère autiste, ses nouvelles responsabilités et sa vie sans relief. Son seul phare dans ce chaos ? La réintroduction de la rosa candida dans le vieux jardin d'un monastère, de l'autre côté de la mer, dans un pays dont il ne connaît pas la langue. S'il croyait prendre la poudre d'escampette, ce sera partie remise : car dans ce nouveau village, au bout du bout du monde, il fera un pas de plus vers sa fille et la mère de son enfant et découvrira la plus belle des vérités : quand l'amour donne des ailes, il fait grandir bien plus vite qu'on l'imaginait. Au bout du bout du monde, le bonheur, c'est aussi d'être soi face aux êtres que l'on aime.

On ne pouvait trouver titre plus lumineux et parfaitement en adéquation avec ce roman surprenant, véritable coup de cœur de cette rentrée littéraire. L'islandaise Audur Ava Ólafsdóttir est une magicienne des mots et des histoires les plus touchantes. Elle nous emmène dans un décor étrange à la rencontre d'un personnage qui pourrait être un héros de tous les jours, simple mais lucide et étrangement apaisant. Pourtant, quelque chose en lui nous surprend toujours un peu, procurant l'envie d'effeuiller peu à peu ses secrets, au fil des pages. Lire Rosa Candida, c'est un peu se promener le long d'une allée de roses embaumantes avec un ami cher. On en ressort émerveillé, comblé, et transporté.

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Nordic literature, a discovery : Rosa Candida

Today, I would like to talk about a book whose perfume still fills my heart, even more one year after having turned the last page ! This book is Rosa Candida by Audur Ava Ólafsdóttir, an Icelandic writer discovered by the French publishing house Zulma. I posted a review immediately after reading it on Myboox, and one year after, while the book is published in paperback format, my feelings remain the same. This novel is magic in different aspects: because of its story, its language and its poetry, its moving male character and its secret fragility. This book is even more moving nowadays, when I know what it means to be offered a smile by your own kid… You will find below a translation of my former review.

There are books that make you travel to far horizons, and offer at the same time a trip in yourself. There are “happiness books” that hide themselves under a thin opaque papae and reveal themselves as chocolate candies with a fresh mint heart. There are finally bedside table books that never leave you. Rosa Candida is a mix of all these books.

Arnljótur just left his mother in a car accident. It is him that she called when she was waiting for first aid. That is to him that she transmits her passion for botanic and rosa candida, very rare eight petals roses. It is in her refuge-greenhouse that he finds comfort and protection. It is in this perfect and relaxing place that he has loved Anna, just for a night, the time to let innocently a bud growing in her. Nine months later the beautiful and delicate Flóra Sól was born.

The novel starts with the escape of Arnljótur, far away from his too calm island, his eighty-years-old father, his autistic brother, his new responsibilities and his one-dimensional life. His unique lighthouse in this chaos? The reintroduction of the rosa candida in the old garden of a monastery, on the other side of the sea, in a country whose language is a mystery to him. But going there will not allow him to run away from his previous life : because in this new village, at the end of the end of the world, he will make one step closer to his daughter and the mother of his child and will discover the most beautiful of all the truths : when love provides wings, it make yourself become adult faster than expected. At the end of the end of the world, happiness is also the fact to be yourself in front of the persons you love.

There was not better luminous title for this surprising title, a real love at first sight from this literary season. The Icelandic Audur Ava Ólafsdóttir is a magician of words and moving stories. She makes us travel in a strange décor, meet a character who could be a everyday-life hero, simple but clear-sighted and surprisingly soothing. And yet, something in him always surprise us, giving us the envy to thin out the foliage of his secrets, one page after the other. Reading Rosa Candida, it is a little bit like walking in an alley of fragrant roses with a dear friend. We can feel afterwards filled with wonder, delighted and beside ourselves with joy.

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